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This is a love song
mar 21 2013Un jour / Un son : “Nothing So Great”. James Blake a deux cousins au Canada, Evelyn Mason et Jeremiah Klein, alias Evy Jane. Comme le ténébreux Anglais, le duo de Vancouver invente un R&B au ralenti, minimaliste. Quelques sons synthétiques posés comme des galets par Jeremiah pour guider la voix de Evelyn vers les sommets. “Nothing So Great” (n’est-ce pas les gueulardes à paillettes ?)
OSS 117 – Séquence Chicha au Machu Pichu
mar 20 2013Un jour / Un son : “Danza de los Simpsons”. On vous parle pas de la pipe à eau de chez Momo, mais de la Chicha du Pérou des sixties : une pop hallucinogène qui injectait alors des doses de guitare surf et de mellotron dans la cumbia de Colombie. Le groupe Chicha Libre, basé à New York, s’est fait une spécialité de cette musique “éclectrique”, n’hésitant pas à reprendre Satie, Love ou les Clash (“Guns of Brixton”) en version latino-psychédélique. “Danza de los Simpsons”, extrait de leur nouvel EP, “Cuatro Tigres”, pourrait accompagner les aventures enfumées de OSS 117 au sommet du Pérou. C’est Manu Chao qui va être jaloux.
En concert le 26 mars avec Las Ondas Marteles à L’Ermitage, Paris 20, le 29 à Toulouse, le 30 à Agen, le 31 à La Rochelle.
Dernier album : “Canibalismo”.
Il est comment le Strokes ? Beau bizarre
mar 20 2013Qui ne tente n’a rien. Avertissement au lecteur : ezik n’aime pas dire du mal des Strokes, parce que la voix de Julian, parce que la guitare d’Albert, parce que la classe (américaine en l’occurrence), si on oublie bien sûr les mélanges perfecto-survêt de Casablancas.
Leur petit nouveau, “Comedown Machine” est sans aucun doute le disque avec lequel la bande prend le plus de risques : celui de faire fuir les fans des débuts, celui aussi de ne pas attirer de nouveaux convertis.
On ne connaissait pas un tel falsetto à Julian Casablancas, qui mue parfois en Morten Harket… Il s’amuse bien sur “Tap out”, “One Way Trigger” et “Chances”. Déroutant mais on ne dit pas non.
On vous prescrit sans hésiter “80′s Comedown Machine”, ballade malade, chantée par un Julian pas au mieux.
On envoie “Call It Fate Call It Karma” à David Lynch, pour la B.O. de son prochain beau-film-qui-fait-mal-à-la-tête.
Vocoder rugissant, guitares au galop, “50 50” est un rodéo de 3’45. Emballant (voir vidéo ci-dessus).
Avec “Happy Ending”, tout est dans le titre.
“Slow Animals”, mélodie et rythmes alternatifs, est une bête curieuse. “Welcome To Japan” aussi, mais on préfère.
A éviter : l’autocaricature “All the time” et l’inutile “Partners In Crime”.
Chocolat (amer), androïde (sexy) et Cascadeur (casqué)
mar 19 2013Une pub / Un son : Nestlé Grand Chocolat – “Meaning (Choral)”. Une androïde lustrée et gaulée comme un fantasme entre dans un salon bourgeois, tombe nez à nez avec une tablette de noir 70%, se casse un carré et le déguste comme si sa vie virtuelle en dépendait. Pour accompagner ce goûter rétro-futuriste, une voix descendue du ciel qui chante “I’m invisible like a monster”. Un extrait de “Meaning (Choral)” du Français Cascadeur (album “The Human Octopus”, 2011). Alexandre Longo, qui cache son visage sous un casque ou un masque de catcheur mexicain, avait eu droit à un quart d’heure de gloire dans la foulée de sa victoire au concours CQFD des Inrockuptibles. Après avoir un peu disparu de la circulation, il a annoncé récemment sur sa page Facebook que son nouvel album était terminé et qu’il sortirait mi-avril.
Playlist ezik #14 : Les Femmes s’en mêlent
mar 19 2013Girls rock ! Vendôme, Toulouse, Amiens, Roubaix, Dijon, La Rochelle, Paris… Partout en France, jusqu’au 31 mars, la scène féminine indépendante (Rihanna n’est pas invitée) fait son festival. Depuis seize ans maintenant, après les célébrations compassées du 8 mars, Les Femmes s’en mêlent, “militant, solidaire, défricheur et indispensable” laissent la scène, la parole et les amplis aux girls qui comptent déjà ou vont compter demain.
Cette année, on se précipite pour danser sur l’electro-clash du duo allemand Tubbe, l’hallucinant hip-hop électro zoulou de la Sud-Africaine Cata Pirata et ses Skip&Die ou les mélodies synthétiques et mélancoliques de la Française EDH.
On découvrira pour la première fois en France le folk poignant de l’Anglaise Hollie Fullbrook alias Tiny Ruins, on se laissera toucher par Peau, par l’immense Alela Diane, par l’intrigante Mesparrow.
Et on craquera sans doute pour le trio anglais Novella, comme au bon vieux temps du shoegaze de Lush. Le programme et d’autres sons sur www.lfsm.net
Illustration : aversionofperversion.tumblr.com
Mesparrow, le courage d’un oiseau rare
mar 19 2013Un jour / Un son : “Next Bored Generation”. Marion Gaume s’est choisi un drôle de nom d’oiseau, le moineau en anglais (sparrow). Un volatile beaucoup plus commun dans nos contrées que la musique et le chant de cette Tourangelle passée par les Beaux Arts. Elle chuchote, elle voltige, elle caresse, elle croone, elle gospel, elle blues, et défie la gravité qui plombe si souvent la chanson française (même en anglais…). La preuve avec l’inclassable “Next Bored Generation”, extrait de son premier album “Keep This Moment Alive”. On vous recommande aussi “The Symphony” et “On The Cliff”.
En concert le 22 mars à Rennes (35), le 23 à Laval (53), le 25 au Divan du Monde, Paris 18 dans le cadre du festival Les Femmes s’en mêlent (www.lfsm.net), le 26 à Joué-les-Tours (37), le 27 à Lorient (56)…, le 14 mai au Café de la Danse, Paris 11. www.facebook.com/mesparrow
Photo : Emma Picq, emmapicq.tumblr.com
Ne raillez pas Rhye
mar 18 2013Un ange passe. A l’écoute de l’album du duo Mike Milosh (le Canadien) et Robin Hannibal (le Danois), un des plus attendus du mois, un des plus célébrés aussi par ceux-qui-savent, on se retrouve sur un fil, prêt à tomber du côté light de la soul, celui du “Smooth Operator” de Sade. C’est l’effet que nous ont fait “3 Days” et “Major Minor Love” par exemple. Mais sur “Woman”, il y a aussi , et surtout, “The Fall” qui aura sauvé nos dimanches d’hiver, les cordes de’“Open” transcendées par la voix séraphique de Mike (non ce n’est pas une fille qui tutoie si bien les anges), “Hunger” et sa disco de cocktail chic (miam) ou le synthé entêtant de “Woman” enveloppé des circonvolutions cotonneuses de Mike. Décidément, sa voix reste un mystère désarmant.
Black Rebel Motorcycle Club, bien ou bien ?
mar 18 2013Un jour / Un son : “Let The Day Begin”. L’équipée sauvage est de retour avec un single (extrait de leur tout nouvel album “Specter At The Feast”) à qui on laisse une chance même s’il a tendance à nous faire boire du Oasis plutôt que du Jack D. Et pourquoi on lui laisse cette chance ? Parce qu’on aime les Black Rebel Motorcycle Club et leurs atours, le noir, le cuir (plus la capuche sur scène où ils atomisent la concurrence), la guitare droit devant, tantôt psyché-lascive (“Beat The Devil’s Tattoo”), tantôt brut de fonderie (“What Happened To My Rock’n Roll”, “Shadow’s Keeper”), la voix de voyou et la mélodie jamais laissée pour compte (on n’est pas chez les métalleux là !). Jusque là, les Californiens ont une carrière à la Brando (ils lui ont piqué le nom de son gang de bikers dans “L’Equipée sauvage”) : des sommets irrésistibles (le premier album ou “Howl”) et du pilotage automatique (“Baby 81”). On écoute le nouvel album avant de le situer… En attendant, guettez leur prochain concert.
Iggy Azalea, Barbie fait du rap (explicit content)
mar 18 2013Playlist vidéo. Iggy Azalea, à ne pas confondre avec Azealia Banks, est venue au monde il y a vingt-deux ans à Sydney, en Australie, mais a grandi dans l’immense ferme de son père dessinateur de BD, à Mullumbimby, berceau de la contre-culture des seventies (Nouvelles Galles du Sud). Là, à défaut de croiser Mad Max, Amethyst Amealia Kelly, de son vrai nom, s’encanaille en écoutant très tôt le rap de Tupac Shakur et le R&B des TLC. Elle monte même un éphémère trio de rappeuses à 14 ans. Deux ans plus tard, elle fait croire à ses parents qu’elle part quelque temps en vacances au pays du rap, son Amérique à elle. Elle n’en est toujours pas revenue. Miami, Houston, Atlanta, la blonde girl se cherche avant de se poser à Los Angeles. Avec son surnom bitchy, son booty de mannequin (elle a signé récemment un contrat avec Levi’s), ses cheveux blonds de Barbie, ses saillies à base de pu$$y n $hit et son flow sexy, elle publie ses premiers freestyles en ligne, puis une mixtape, “Ignorant Art” (“My World”, “Pu$$y”, “Dirt In Your P…y Ass Bitch”) et enfin se fait repérer par le rappeur T.I.. Il doit produire son premier album plusieurs fois reporté et attendu pour l’été. Son titre ? “The New Classic”. Ni plus ni moins. Qu’elle n’attende pas trop longtemps quand même, parce que sa trap music, le flow du rap avec les beat de l’electro (pas très loin du dubstep donc), a sans doute un avenir limité. Heureusement, il reste son body language accessible à tous.
Casual Sex, petit plaisir d’Ecosse
mar 14 2013Un jour / Un son : « Stroh 80″. C’est votre jour de chance, vous ne passez pas par la case « Harlem Shake » et ezik vous offre un deuxième single avant minuit. Il a été enregistré à Glasgow par les Casual Sex. Le pays du whisky et des châteaux hantés exportent aussi un très bon rock depuis les premiers cris de The Exploited en 1979 jusqu’à l’avènement de Franz Ferdinand à partir de 2004 (et on n’oublie pas bien sûr les Jesus and Mary Chain, Orange Juice, Teenage Fanclub ou Vaselines, vénérés par Kurt Cobain, un homme de goût). Voici donc les Casual Sex, soit guitare à effets spéciaux-basse-batterie et un certain Sam Smith au chant, tantôt désinvolte (Bowie), tantôt glam (re-Bowie), et irrésistible tout le temps. Premier essai prometteur.
Illustration : affiche de concert créée par Julian Dicken
Le flow vénimeux de Zebra Katz
mar 14 2013Un jour / Un son : « Y I Do ». Le flow de Ojay Morgan alias Zebra Katz, mi Grace Jones mi Basquiat, se love comme un serpent et vous tétanise, pendant que le désert à l’horizon résonne de sons défigurés et de voix filtrées. Le rappeur de Brooklyn, 26 ans, fait partie de Mad Decent, l’écurie à la mode managée par le producteur et DJ Diplo. Mais à l’inverse du « Harlem Shake » de Baauer ou des morceaux « shake your booty » de Major Lazer, issus de la même maison, les contes de la nuit noire de Zebra Katz donne dans le minimalisme rap le plus extrême. A faire passer Tricky pour Queen. Katz s’était fait connaître dans l’underground chic il y a tout juste un an grâce à son titre « Ima Read », hautement recommandé aussi. A suivre (jusqu’au bout des ténèbres).
Photo : fashionindie.com
Playlist ezik #13 : Beau oui, comme Bowie
mar 14 2013Reprises recommandées. Inutile de vous chroniquer “The Next Day” : si vous êtes fan de Bowie, vous êtes extatique depuis sa sortie il y a trois jours et totalement sourd à quelconque critique ; si le caméléon de New York City vous laisse froid, ce n’est pas ce nouvel album, sans surprise, qui vous fera changer d’avis. Non, ce qu’il vous faut, quel que soit votre camp, c’est du Bowie revu et arrangé, par d’autres stars ou de splendides outsiders.
Pour commencer, direction Nirvana, qui offre l’éternité à “The Man Who Sold The World” (album éponyme, 1970).
Le Brésilien Seu Jorge, qui transporte “Space Oddity” à Copacabana pour la B.O. de “La Vie aquatique” (album éponyme, 1969) .
Beck le bricoleur qui s’entoure d’un orchestre et d’un chœur gospel pour transformer “Sound & Vision” (album « Low », 1977).
Coup de cœur aussi pour M. Ward qui ralentit “Let’s Dance” et le dépouille de son clinquant (album éponyme, 1983).
Duran Duran qui reprend « Boys Keep Swinging » (album , »Lodger », 1979) ou Brian Molko de Placebo qui se mesure à son maître sur « Five Years » (album « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars », 1972) assurent sans prendre de risque.
Enfin, Oasis ose « Heroes » (album éponyme, 1977), Keren Ann, « Life On Mars? » (album « Hunky Dory », 1971) et Lewis & Clarke, « Changes », en version piano bar de palace (album « Hunky Dory »). Et vous, quelle est votre reprise préférée de Bowie ?
Bonus copain-copine : une version live de “The Passenger” par Iggy Stardust et David.
Illustration : love-a-lad-insane.tumblr.com
Tais-toi, et danse
mar 13 2013Un jour / Un son : “Something Happened”. Incroyable ! On se baladait tranquillement dans notre discothèque de poche, quand soudain, bim !, on tombe sur cette bombe, oubliée là depuis deux ans (tirée de l’album “After Dark My Sweet”, pochette ci-dessus). Hochement de tête, sourire extatique, agitation incontrôlée des membres inférieurs, bras défiant la gravité : attention aux effets secondaires. Si vous voulez tout savoir, les auteurs s’appellent TJ Kong et Nuno Dos Santos, ils viennent de l’autre pays du fromage, et la voix ensorcelante est celle de Nicolette, chanteuse anglaise d’origine nigériane, que Massive Attack avait engagée pour deux titres de l’album Protection. TJ Kong qui se produit désormais avec les Atomic Bomb n’a jamais fait mieux.
Playlist ezik #12 : Retour sur la planète Lenoir
mar 10 2013L’Inrockuptible compile ses souvenirs. C’est guidé par lui que nous partions le soir venu, sur France Inter, à la découverte de la brit pop des années 1980, des shoegazers, de Chapterhouse ou House Of Love, de EMF ou KLF, de Ride ou des Stones Roses. Sans oublier les Inspiral Carpets et les Ned’s Atomic Dustbin (mais si, vous vous souvenez l’album avec les boules de billard ?). Lui c’était Bernard Lenoir, le Black pour ses auditeurs, dont nous étions. Et notre walkman d’avaler les K7 de ce que l’Angleterre a toujours fait le mieux : la pop. Dans cet intime Panthéon, quelques Américains débraillés avaient aussi le droit, le devoir en réalité, d’entrer sans frapper. Parmi eux bien sûr, les Pixies puis Nirvana. Et un rare Français, Dominique A, parce que lui avait le “Courage des oiseaux”. Le 18 mars prochain, Lenoir revient en trois volumes qu’il a lui-même compilés, mini-coffret souvenir de tous ses groupes chéris, intitulé sobrement L’Inrockuptible (Bernard a toujours entretenu une grande complicité avec les journalistes des Inrocks, dès la naissance du magazine, d’abord mensuel.) Notre playlist en a retenu treize, ça porte bonheur. Allez, merci Bernard, et bise à l’œil.
Une question avant de partir : Dis Lenoir, pourquoi n’as-tu pas retenu les Ned’s Atomic Dustbin sur ta compilation ?!
Illustration : Matthew DiVito, mrdiv.tumblr.com
Spring Breakers, coupez l’son !
mar 07 2013La bande (pas) originale du film “trop stylé”. On n’a pas encore vu “Spring Breakers”, qui a mis le feu aux twittos et aux buzzeurs trop impatients de s’envoyer le mélange bikini-vodka-dope-flingues. Mais grâce à la plateforme de streaming du recommandé site américain Pitchfork, Advance, on a écouté sa B.O. Pour ce film « générationnel”, Korine n’a pas trouvé mieux que le vilain dubsteper Skrillex pour composer sa bande-son. Peut-être sous l’influence de Cliff Martinez, qui drive aussi la musique du film – on lui doit les instrumentaux de “Drive”, “La défense Lincoln” ou “Traffic” – l’homme à tête de pou a laissé ses sirènes de stalag, ses voix de zombies et ses rythmiques de fonderie à la maison (sauf pour Scary Monsters & Nice Sprites) au profit d’une électro minimaliste. Cinématographique diront certains. Sans les images, on l’a trouvé anesthésiante. Les gros rap additionnels de Waka Flocka Flame ou Gucci Mane feat Rick Ross, ineptes, n’y changent rien. Et vous qui avez déjà vu le film, vous en pensez quoi de la musique ?
Du côté de chez Swann
mar 06 2013Un tube, sinon rien. Elle a 23 ans, a longtemps chanté dans les bars, a enregistré son premier album au Pays de Galles avec Bill Ryder-Jones dont on vous a déjà vanté la classe ici-même. Voilà ce qu’on sait. Qu’importe, ce qui compte avec Swann c’est la voix qu’elle emprunte, sur les traces de Patti Smith si l’on veut. Elle fait de “Show Me Your Love” un tube immédiat. Vous attendez quoi ?
Premier album, “Neverending”, le 15 avril.
En concert les 25 mars, 8 et 22 avril à l’Auguste Théâtre, Paris, le 20 avril à Limoges, le 15 mai à Mérignac, le 17 à Toulouse, le 18 à Cognac et le 24 à Saint-Jean de Ruelle.
Playlist ezik #11 : Fashion Week, prêt-à-porter, prêt-à-écouter
mar 06 2013Défilés prêt-à-porter automne-hiver 2013-2014, Paris. Voici la bande-son d’une semaine de mode à Paname, du 28 février au 6 mars.
Chez Yves Saint Laurent, le garage rock de Thee oh Sees (“ Tidal Wave”) est venu perturber le bel agencement du défilé. Choc des cultures très organisé.
Pour Chanel, spécial K, qui se vante de posséder des dizaines de lecteurs MP3, a adoubé un mix entre Daft Punk (“Around The World”) et Dvorak (“Symphonie n°9, opus 95”). Trop osé pour être honnête.
La maison Giambattista Valli a fait confiance à I Am Kloot, folkeux foutraques et anglais revenus en forme en janvier dernier (“Hold Back The Night”), avant de s’en remettre aux beats martiaux de The Draughtsman alias Alex Egan (”Geschmacklos, Cosmo Vitelli Remix”).
Stella McCartney nous a épargné Phoenix mais a plongé les deux pieds dans la hype house du moment, soit Disclosure feat AlunaGeorge (“White Noise”).
Vivienne Westwood a succombé au punk 2.0, soit le dubstep, ici celui des bataves de Noisia (“Stigma Neosignal remix”).
Chez Christian Dior, on a ressorti l’indémodable “O Superman (for Massenet)” créé en 1981 par Laurie Anderson, madame Lou Reed.
Le Français Roland Mouret a tenté le téléscopage entre Schubert (trio, opus 100, par Michel Rubini et Danny Jaeger) et Gainsbourg (“Aux armes et caetera”) pour son final. Un peu de tenue que diable.
Chloé s’est déhanchée sur le Wild Thing remixé du rappeur Tone-Loc pendant que Givenchy invitait Antony Hegarty à tutoyer les anges en live, accompagné par un orchestre.
Chez Carven, LA maison à la mode, on jouait “Amateur” pièce électro-pop déstructurée de The Eyes In The Heat.
Mais le plus malin c’était bien m’sieur Armani : pour son final, il a lancé l’envoûtante Ornette (Crazy Noze remix), qui plaît à toutes les filles (et à la plupart de leurs mecs). Business is business !
Bilan : un patchwork dominé par toutes les gammes de l’électro et un événement so chic chez Givenchy avec le live de Antony sans ses Johnsons. Ça c’est Paris !
Vanessa a (peut-être) trouvé son nouveau Gainsbourg
mar 04 2013Premier extrait de son album “Love Songs”. C’est bien Gainsbourg, même en fin de course (“Variations sur le même t’aime”) et même sans le savoir (la reprise de “L’eau à la bouche” sur son live de 2001), qui a le mieux servi Vanessa Paradis la chanteuse. Son nouveau single , “Love Song”, révélé ce lundi avec cette vidéo de promo minimaliste, fut la bonne surprise du jour au rayon chanson française. Un groove impeccable dès l’intro, la voix de Vanessa qui charmerait un serpent en français et en anglais dans le texte, lui-même malin, et une guitare funky qui ne la lâche pas d’une semelle. Benjamin Biolay a bien travaillé. C’est à lui que la Paradis doit ce titre comme la production de son double album, “Love Songs”, attendu mi-mai.
Deuxième bonne nouvelle : La chanteuse a travaillé avec le duo anglais Elephant sur un des morceaux.
Euskadi a dit : voici du bon rock indé français
mar 03 2013Un jour / Un son : “Running away”. Après La Femme, les mecs. Ceux de The Dedicated Nothing, nom improbable d’un nouveau groupe venu de la côte basque, Guéthary précisément. Du pays du surf – The Dedicated Nothing était le surnom donné à certains surfeurs par le célèbre Miki Dora exilé plusieurs années dans le sud-ouest au milieu des seventies -, Franck, Matt, Clément et Greg nous envoient des bonnes nouvelles du rock indé français, si souvent malmené. Ne cherchez pas chez eux de nouveaux Dick Dale ou Beach Boys. Et pas non plus de claviers revival. Basse rondement menée, guitare et batterie énervées, voix assurée et sans l’horrible accent frenchie. Le tout en 2’19 ». Pas de gras, c’est mieux pour la plage.
Premier EP disponible.
En concert le 21 mars à l’International, Paris 11.
Photo : Bastien Bonnarme
Chkrrr, le 7e arrrt du trrrip-hop
mar 03 2013Un jour / Un son : “I Will Leave At Dawn”. La bande-son d’un dimanche en cinémascope. Tout est là : la voix caressante de Claire Tran, les cordes romantiques et ces bruits fantomatiques. Remember Portishead ? Le mystérieux collectif français Chkrrr, à qui l’on doit plusieurs B.O. (“Cookie”, “Contre toi”, “Le Dernier Vol” avec le Trio Joubran…) ou encore “Hopper Outtakes”, la musique de l’appli D’une fenêtre à l’autre pour la rétro Edward Hopper au Grand Palais a sorti un premier disque studio en septembre dernier EP#1, qui contient aussi “De là-haut”.
